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La santé est-elle exclusivement une affaire de femmes ?
En effet, aucun homme sur le devant de la scène. Que des femmes, belles et souriantes… A croire que les mecs ne sont pas concernés. Pourquoi ? Le succès des mensuels santé grand public est le résultat d’une segmentation de plus en plus affinée de la presse magazine, en particulier féminine. Davantage une réussite du marketing que du journalisme ou de l’information. Peut-on parler pour autant de simples pièges à pub ?
Les titres grand public consacrés à la santé traitent presque exclusivement de sujets pratiques et non d'actualité. Est-ce le résultat d'une évolution spécifique de ce type de presse ? Jean-Marie Charon, sociologue des médias, répond. L'une des particularités de la presse magazine, c'est d'avoir, dès le départ -c'est à dire l'entre-deux-guerres- décroché de l'actualité, notamment pour des raisons de périodicité. Ce n'est plus l'actualité qui est le fil conducteur mais ce sont bien les lecteurs. Dès l'origine, c'est une presse qui s'est basée sur la segmentation des publics (des sexes, des âges et des catégories socioprofessionnelles) et une spécialisation des thèmes. Une segmentation par pôle d'intérêt. L'approche généraliste de la presse féminine a tendance à laisser la place à es publications de plus en plus "fines", en fonction des centres d'intérêts de son lectorat. Or, traditionnellement dans la presse féminine, on a cette préoccupation pour la santé. A la fois pour répondre à des questions personnelles, mais aussi parce que c'est la femme qui se préoccupe habituellement de la santé de toute la famille. On retrouve également l'axe santé-beauté et un phénomène encore plus moderne: le trio santé-forme-fitness. Dans les années quatre-vingt, les éditeurs décident donc de choisir des thèmes récurrents de la presse féminine pour les autonomiser et créer des titres en soi. On observe donc à la fois une mobilisation des éditeurs sur ce même créneau de la santé et, pour chaque éditeur, une déclinaison autour de sous-thématiques pour toucher un lectorat voisin ou encore mieux capter le lectorat visé. Rappelons qu'en France le marché des magazines est d'une densité très élevé avec 3500 titres actuellement. Source Tocsin.net (Raphaële Bail) Retour |
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